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mardi 25 juillet 2017

TOPOGRAPHIE DES SOLS

"Topographie des sols" Patrick Renaud 

" En général, je regarde plutôt vers le bas quand je marche. Le sol est l’une des choses les plus révélatrices de la condition du présent ; il est plus éloquent dans ses dommages, ses détériorations, ses dénivellations ou accidents de tout type. Je parle aussi bien des sols urbains que des champêtres, des difficiles que des amicaux. Et concrètement, je parle des sols des chemins, ou des sols humains en général, parce que le sol abstrait, le sol du monde, parle d’autres langues très difficiles à cerner. Une partie de la promenade est une forme d’archéologie superficielle, qui pour moi en général s’avère extrêmement instructive et dans un certain sens émouvante, car il s’agit de considérer des indices modestes, insignifiants, voire hasardeux, tout le contraire de la pertinence définitive des observations scientifiques. Ce sont des indices qui par leur caractère anodin ou non indispensable rétablissent une façon d’occuper le temps : on est témoin de ce qui est anonyme, inclassable pour l’histoire, et en même temps témoignage de ce qui aura du mal à perdurer. " 

Sergio Chejfec, Mes deux mondes (Trad. Claude Murcia, Ed. Passage du nord-ouest)


PUBLICATION, Juillet 2017
"REVUE&CORRIGÉE" Carte Blanche Combes&Renaud 2017

Revue&Corrigée112 
Couverture et portfolio 
Série "Topographie des sols" et "Dépendances des conditions initiales"
Patrick Renaud 









































samedi 11 octobre 2014

dimanche 21 mars 2010

" Voir/Parler "

Extrait de la conférence
" Qu’est-ce que l’acte de création ?
" Gilles Deleuze

"Cadavre"
" Ou bien je parlerai de, autre exemple, idée proprement cinématographique, de la fameuse dissociation Voir/Parler dans un cinéma relativement récent. Que se soit, alors là aussi, je prends les cas les plus connus, que se soit Syberberg, que se soit les Straub, que se soit Marguerite Duras, qu’est-ce qu’il y a de commun ? Voyez, en quoi c’est proprement cinématographique, ça c’est une idée cinématographique. Faire une disjonction du visuel et du sonore, c’est heu… pourquoi ca ne peut pas se faire au théâtre, pourquoi ? Ca peut se faire, mais appliqué alors là si cela se fait au théâtre, sauf exception, à moins que le théâtre ait les moyens de le faire, on pourra dire que le théâtre l’a appliqué du cinéma. Ce qui n’est pas mal, forcement. Mais c’est une idée tellement cinématographique d’assurer la disjonction du voir et du (sonore) et du parler. Du visuel et du sonore. Ca c’est … ça répondrait à l’idée : qu’est-ce que, par exemple, avoir une idée cinématographique ? Et tout le monde sait en quoi ça consiste, je le dis à ma manière pour, une voix parle de quelque chose, en même temps, donc, on parle de quelque chose, en même temps on nous fait voir autre chose, et enfin, ce dont on nous parle est sous ce qu’on nous fait voir. C’est très important ça, ce troisième point. Vous sentez bien que c’est là que le théâtre ne pourrait pas suivre. Le théâtre pourrait assumer les deux premières propositions. On nous parle de quelque chose et on nous fait voir autre chose. Mais que ce dont on nous parle en même temps se mette sous ce qu’on nous fait voir - et c’est nécessaire, sinon les deux premières opérations, elles n’auraient aucun sens , elles n’auraient guère d’intérêt - si vous préférez, on peut dire, alors en termes plus…, la parole s’élève dans l’air, la parole s’élève dans l’air en même temps que la terre qu’on voit, elle s’enfonce de plus en plus, ou plutôt en même temps que ce dont cette parole qui s’élève dans l’air nous parlait, cela dont elle nous parlait s’enfonce sous la terre.
Qu’est-ce que c’est que ça ? Si il n’y a que le cinéma qui puisse faire ça. Je ne dis pas qu’il doive le faire, hein, qu’il l’ait fait deux ou trois fois, je peux dire simplement, c’étaient de grands cinéastes qui ont eu cette idée. Il ne s’agit pas de dire c’est cela qu’il faut faire ou pas faire, hein. Il faut avoir des idées, quelles qu’ elles soient . Ah !, ça c’est une idée cinématographique, je dis que c’est prodigieux, parce que ça assure au niveau du cinéma une véritable transformation des éléments. Un cycle des grands éléments qui fait que, du coup, le cinéma fait un grand écho avec, je ne sais pas, avec une physique qualitative des éléments. Ca fait une espèce de transformation, l’air, la terre et l’eau le feu, parce qu’il faudrait ajouter, j’ai, on n’a pas le temps, évidemment, on découvrirait le rôle des deux autres éléments, une grande circulation des éléments dans le cinéma. Une grande circulation des éléments dans le cinéma. Dans tout ce que je dis, en plus, ça ne supprime pas une histoire, hein, l’histoire est toujours là, mais ce qui nous intéresse, c’est pourquoi l’histoire est-elle tellement intéressante ? Sinon pourquoi il y a tout ça derrière et avec. C’est tout à fait ce cycle, tel que je viens de le définir si rapidement, la voix s’élève en même temps que ce dont parle la voix s’enfonce sous la terre, vous avez reconnu la plupart des films de Straub, et c’est le grand cycle des éléments chez les Straub. Ce qu’on voit, c’est uniquement la terre déserte, mais cette terre déserte, elle est comme lourde de ce qu’il y a en dessous, et vous me direz “ mais ce qu’il y a en dessous, qu’est-ce qu’on en sait ?“ Ben, c’est justement ce dont la voix nous parle. et c’est comme si la terre, là, se gondolait de ce que la voix nous dit, et qui vient prendre place sous la terre, à son heure et en son lieu. Et si la terre et si la voix nous parle de cadavres, c’est toute la lignée des cadavres qui vient prendre place sous la terre, si bien qu’à ce moment là, le moindre frémissement de vent sur la terre déserte, sur l’espace vide que vous avez sous les yeux, le moindre creux dans cette terre, tout cela prend sens."

Conférence de Gilles Deleuze donnée dans le cadre des mardis de la fondation Femis - 17/05/1987

vendredi 25 septembre 2009

« Interstices - Solution de continuité » will be shown at the Odéon-Théâtre de l'Europe

Alain Bisotti gave us this Carte Blanche to create a video for the the operation Photo d’Hôtel, Photo d’Auteur.
The video will be shown at the Gémier and Serreau studios in the Odéon-Théâtre de l’Europe, Place de l’Odéon, in Paris.




We have been doing work together since 1997, and have developed joint experience and practice. Our work roves through the crossroads and over the borders of photography and video.
We have been involved in joint research on diptychs, which each of us has developed in a series of photos, « Intérieurs » (Interiors) and « Sols » (Grounds). These were undertaken respectively in 1988 and 1990, working around the physical separation of the images on the negative film.
Our diptychs introduce action and time, prefiguring our videos. The work on diptychs involves more than duality, a movement between dual images and a transient emptiness. Two images are the beginning of a sequence, a fraction of 24 images per second. Two photos also symbolise the leap from one work to the next.
The sequence of photos is used as a substitute for a video recording, and brings another perception of time.


Interstices - Solution de continuité
©Combes&Renaud

Synopsis
The story is built around two sites. A hotel room, and the stage of a theatre, where, through visual transpositions in the two places, time set in images produces impressions, interstices in films that accompany the thoughts of a playwright and a narrative.
The playwright and narrator relates the discourse and the succession of events that constitute the writing of a play. He sketches the characters, their interrelations, evokes the surroundings. He associates the locations with the stage configuration, works on the articulation of what precedes the text and what follows. The video shows the locations, with no identification between images and narrative. The video editing and the narrator’s voice produce short-circuits, holes in the narrative, gaps between what is seen and what is heard, proposing a fictional sensorial perception of the emerging narrative.


Interstices - Solution de continuité ©Combes&Renaud

Installation
The video, in pal DVD format, will be projected on a 2,30 x 3,00 metre screen. Photographic prints of two sequences of the video will also be exhibited.

Thanks to Pierre Oudart , who wrote the texts and reads it,
and to Strom Varx who made the sound track


Projections
«Interstices - Solution de continuité»
Studios Gémier et Serreau
Odéon-Théâtre de l’Europe,
Place de l’Odéon in Paris
September 29 October 16, 2009
Monday to Saturday 13h3O 18.30

Press contact
Agence Kaleïdoskop
Laure Cartillier
+33 (0)140 311 410
kaleidoskop@wanadoo.fr