Affichage des articles dont le libellé est combes et renaud. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est combes et renaud. Afficher tous les articles

mardi 1 février 2022

Journal des brumes et les surfaces du monde

 Journal des brumes et les surfaces du monde

« L’image est ce devant quoi l’on s’arrête, elle est ou devrait être l’arrêt qui fixe le regard et entrouvre à partir de cette stase, fût-elle la plus modeste, le champ d’une expérience toujours à venir ».
La reprise et l’éveil. J-C. Bailly

Si il y a un point commun à ces deux séries, ce serait, me semble-t-il d’être sans réponses aux questions que pose l’histoire de la perspective linéaire. Je prends la précaution du me semble-t-il car bien souvent la présentation du travail ressemble à un témoignage, fait remonter des expériences. Alors qu’il s’agit parfois pour contrer une dispersion, des incohérences, d’une réorganisation de fragments réels ou imaginés. Mais supposons que la perspective ait été un point d’attraction qui ait satellisé les choix ou orientations de ces travaux. Cette géométrie est alors d’une grande efficacité pour notre aspiration à voir, mais au risque, c’est ce qu’elle fait, de dissimuler des éléments ou de les réduire dans le lointain à une presque invisibilité. Soit, faisons des sacrifices pour organiser les apparences du monde. Nous y gagnons de connaitre la place de l’auteur-spectateur et celle de l’Homme décidant le monde. 
Je pense cependant que dans ces histoires de perspective ce qui ne me convenait pas était d’être tenu à l’immobilité convenue de l’auteur ou du spectateur. La perspective n’aime pas le mouvement, elle n’est pas faite pour lui.

Depuis « Sédiments » en 2013, la matière première de mes séries est venue de mes anciens négatifs. Empilés, superposés jusqu’à obtenir une image autre. Puisque l’on ne demande qu’à y croire, alors voyons jusqu’où c’est possible, où plutôt voyons ce que devient la réalité photographique. J’ai donc appliqué ce protocole à d’autres séries. Et avec « Subjectile » et « Les surfaces du monde » en choisissant de conserver l’ensemble du négatif et les indications sur ses bords. Dévoiler la surface de l’image, s’obstiner à faire apparaître l’espace des apparences. Je ne sais si cela fonctionne, mais ça a ouvert, déplié « Le journal des brumes » qui semblait attendre, comme embusqué.
Il n’est pas question d’une chronologie narrative avec sa logique mais de fragments sensibles qui se frottent, se déforment, s’épuisent au contact. La photographie est aussi un corps à corps, peut-être même n’est elle que cela…

« Le journal des brumes » s’est imposé et en appliquant le même protocole de superpositions j’ai pensé aborder le mouvement, mais est-ce bien du mouvement qui est restitué ? N’est-ce pas plutôt une autre dynamique, d’autres tensions puisque c’est le mouvement qui crée ces formes ? Certes, au montage il y a des choix, je retranche, ou favorise telle photographie, mais cette tentative d’organiser le chaos est bien dérisoire par rapport à ce que demandent les images. Elles étaient là avant moi et exigent que je trouve leur place, leur cohabitation possible.
Il y a une certaine duplicité dans la photographie qui fait sa force, celle de nous renseigner pour ne rien dire, d’admettre qu’une image n’est pas une capture, pas un acquis. Elle cherche en silence son autonomie. Et même si il faut bien à un moment donné s’arrêter, une photographie n’est jamais finie et ce qu’elle montre n’a décidément rien à voir.

P. Renaud. oct 2021

 

Patrick RENAUD, Exposition-Journal des brumes et les Surfaces du monde ©Sylvie Farges nov2021


 

mardi 25 juillet 2017

TOPOGRAPHIE DES SOLS

"Topographie des sols" Patrick Renaud 

" En général, je regarde plutôt vers le bas quand je marche. Le sol est l’une des choses les plus révélatrices de la condition du présent ; il est plus éloquent dans ses dommages, ses détériorations, ses dénivellations ou accidents de tout type. Je parle aussi bien des sols urbains que des champêtres, des difficiles que des amicaux. Et concrètement, je parle des sols des chemins, ou des sols humains en général, parce que le sol abstrait, le sol du monde, parle d’autres langues très difficiles à cerner. Une partie de la promenade est une forme d’archéologie superficielle, qui pour moi en général s’avère extrêmement instructive et dans un certain sens émouvante, car il s’agit de considérer des indices modestes, insignifiants, voire hasardeux, tout le contraire de la pertinence définitive des observations scientifiques. Ce sont des indices qui par leur caractère anodin ou non indispensable rétablissent une façon d’occuper le temps : on est témoin de ce qui est anonyme, inclassable pour l’histoire, et en même temps témoignage de ce qui aura du mal à perdurer. " 

Sergio Chejfec, Mes deux mondes (Trad. Claude Murcia, Ed. Passage du nord-ouest)


PUBLICATION, Juillet 2017
"REVUE&CORRIGÉE" Carte Blanche Combes&Renaud 2017

Revue&Corrigée112 
Couverture et portfolio 
Série "Topographie des sols" et "Dépendances des conditions initiales"
Patrick Renaud 









































lundi 7 avril 2014

Entretien avec Patrick Renaud par Chloé Dragna

BALLADS 
Représentations vidéographiques du paysage

Entretien avec Patrick Renaud :
photographies & vidéos.

Comment le paysage est-il entré dans vos images ? Etait-il dès le départ l'objet de votre travail, ou bien y êtes-vous venu par le prisme d'un autre sujet ?
J’avais pratiqué le dessin de paysage, peut-être par réceptivité aux impressionnistes. Le paysage était une impression globale, une totalité déposée sur la terre que je pouvais à mon tour déposer sur le papier. Le paysage n’avait pas de limites, juste des lointains, c’est ce que je préférais, jusqu’où mon regard pouvait aller, dessiner l’horizon de manière imprécise sachant qu’ensuite derrière cette ligne ça continuait. Plus tard, j’ai commencé à photographier peut-être plus la campagne que le paysage, pour les lumières, les atmosphères. Avec l’appareil photo il fallait s’occuper du cadre c’est à dire exclure pour voir ce qui reste. J’étais assez désorienté et pas très doué.

Vous pratiquez la photographie à la chambre. Vous cosignez certains travaux vidéos et sténopés sur Polaroids avec Marie Combes. Quels paysages appellent l'un ou l'autre et pourquoi ? Certains paysages sont-ils pensés en mouvement et d'autres figés ? Certains paysages s'imposent-ils en couleur ou noir et blanc ?
Vous avez raison, ce sont les paysages qui demandent. J’ai utilisé la chambre pour m’éloigner de la spontanéité du 24x36. De cette culture de « l’instant décisif » qui m’avait formé. C’est assez paradoxal car je travaillais dans les sous-bois sur le « fouillis » végétal. Utiliser une chambre photographique demande un peu de recueillement, anticiper sa place, le cadrage, des manipulations etc. Elle ne facilite pas les déplacements. Autour de moi j’entendais les sons, je percevais les frémissements de la nature, l’urgence du vivant. Je sentais que tout ce monde végétal, animal et moi nous étions à nos occupations mais pas dans la même temporalité. N’étant pas coloriste, quand je pense image, c’est en noir et blanc. Mais cela dépend comment la photo est envisagée. Le noir et blanc propose une dissemblance peut-être plus fertile à l’imaginaire, plus intemporelle. Alors que la couleur ajoute d’autres codes. En 2007 avec Marie Combes nous souhaitions explorer le médium photographique, plus peut-être que l’image... Nous avons travaillé avec la chambre en sténopé et sur Polaroïds. C’était très curieux là encore avec ces questions de distance (comme lorsqu’on voit un paysage derrière un pare brise, on s’arrête, on sort et l’impression visuelle a disparu). La spécificité du sténopé ne permet pas d’organiser les nappes de l’image ni de savoir quelles couleurs nous allions obtenir avec un temps de pose aléatoire, notre position par rapport au soleil et la chimie des Polaroïds. Mais surtout c’est le temps de pose, de dix secondes à quelques minutes pour obtenir une photographie qui nous a troublé, de le vivre physiquement, de savoir que pendant ce temps une image se constituait presque sans notre intervention. C’est vraiment intrinsèque à la photographie de signifier du temps au delà de ce qui est montré. 

Votre travail sur le paysage appelle une certaine réflexion sur le temps. Dans vos sténopés et vos vidéos c'est un déploiement du paysage. Pour Montromant, vous avez filmé pendant plus de 3 heures les changements de lumières infimes. Quelle expérience du temps, vous donne à voir un paysage ?
C’est très complexe la façon de regarder un paysage. L’œil va chercher au loin, puis s’attarde sur des zones, s’éloigne à nouveau, flotte sur des éléments. C’est ce mouvement entre l’œil et le cerveau qui dans ces écarts permet de constituer un paysage. Après l’expérience des sténopés, nous souhaitions avec Marie voir le rapport entre le temps et la durée. Techniquement « Montromant » est une séquence photographique de trois heures, durant laquelle nous prenions une photo à intervalles irréguliers. Ces images numériques montées en fondus enchaînés, donnent une projection du paysage qui dure treize minutes ou les variations de lumières ont une durée « crédible » pour l’œil alors que le temps a été compressé. Dans le fondu enchaîné c’est apparition/disparition, l’effacement d’une image pour la suivante. Effectivement c’est une façon pour le paysage de sortir de ses plis par proximité avec la contemplation, être et ne plus être là.

Vos travaux récents portent sur les sols. Paysages & sols sont très liés. Comment ce passage s'est-il fait ? Quelle matière y trouvez-vous ? Quelle mémoire du paysage s'inscrit dans les sols ?
Il paraît que dans une image il y a souvent la suivante, et je crois qu’au-delà du sujet comme prétexte, le rôle de l’artiste et de faire apparaître quelque chose qu’il ignore qui appartient au médium, aux formes, aux lumières. La série sur les sols en noir et blanc évacue le lointain pour tenter de trouver du paysage à une autre échelle et distance. Là aussi je travaille en diptyque peut-être pour sentir qu’il ne s’agit que de fragments, que l’ensemble est faux avec ses deux perspectives. Parfois il y a un « mauvais raccord », c’est à dire une répétition d’une partie de la photo à l’autre, deux détails identiques et pourtant dans un autre moment quelques secondes avant ou après. C’est très précieux ces accidents, ces choses qui arrivent par hasard. Il y a eu aussi l’apparition d’une certaine frontalité, avec l’image. J’ai tenté de développer cela en photographiant les sols vus de dessus. Mais ça ne fonctionnait pas en noir et blanc, j’ai donc travaillé en couleur par défaut, et pour la première fois peut-être je cherchais les couleurs. Les sols sont la mémoire vivante des lieux. Ils sont dépositaires du temps, de nos activités, de traces, ils bougent se déforment, de nouveaux sédiments se déposent. Une machine vient les retourner, plaquer une couche de bitume, des choses ont disparues, on a oublié, à nouveaux ça recommence. Les sols sont comme une pellicule qui enregistre en permanence les empreintes, les changements de lumière.

Vous vous êtes intéressé à la notion de ruines dans le paysage. Notamment dans les paysages ruraux. D'où vient cet intérêt ? Est-ce là aussi votre intérêt pour le temps qui se déploie ?
J’aurai beaucoup de mal à répondre. Ce projet avec Marie était trop ambitieux pour nous. Nous pensions tenir un sujet qui irait plus loin que le « Ruinisme » de mode avec cette esthétisation de la ruine industrielle. Nous avions ce texte magnifique, émouvant de Diderot sur ses sentiments que lui évoquent les ruines. Voilà, un ratage complet. Je pense que nous n’avons pas laissé assez de hasard, d’ouvertures, de vouloir maîtriser, de vouloir aussi illustrer le texte et voilà, trop de « vouloir ».

Pour finir, j'aimerai qu'on aborde la question du contemporain dans le paysage. Vous connaissez la citation suivante d'Agamben « Contemporain est celui qui reçoit en plein visage le faisceau des ténèbres qui provient de son temps. » Quel contemporain voyez- vous dans les paysages que vous photographiez ou filmez ?
La création vidéo est je crois actuellement plus exploratrice, moins embarrassée des contraintes du marché de l’art que la photographie. Elle crée un langage différent du cinéma, notamment avec le temps. Avec son espace aussi qui apparaît moins à l’intérieur du cadre mais déborde de l’écran. Une caméra vidéo ça s’installe n’importe où et quand elle est placée sur le corps, elle en devient le prolongement. Là c’est passionnant car cela modifie la vision du spectateur et sa temporalité. Il n’est plus assigné à cette place installée avec la perspective depuis la Renaissance. Il me semble qu’être contemporain ce n’est pas photographier ou filmer notre présent c’est voir les liens entre présent et passé, être une transition, devenir un pont mais un pont qui se ferait et déferait en même temps sans savoir où est l’autre rive.
   Entretien réalisé le 26.03.2014
par Chloé Dragna.
BALLADS
A videographic vision of landscape

An interview with Patrick Renaud :
photographs & videos.

How did the landscape enter your image world ? Was it from the start the object of your work, or were you diverted to it from some other subject?
I had, long ago, done a lot of landscape drawing, maybe because I was very receptive to the impressionists. The landscape was, indeed, a global impression. A whole deposited on the earth that I, in turn, could deposit on paper. The landscape had no limits, only a distance, and that was what I preferred. I liked to represent how far my eyes could see, to draw a fuzzy horizon, knowing that beyond that uncertain line things went on. Later, I began to take photographs, maybe more on the countryside than of the landscape, for its light, for its atmosphere. With the camera I had to cope with the frame, I had to exclude, to see what remained. I was rather puzzled, and not very gifted.

You mostly use dark chamber photography. You have cosigned some video and pinhole-camera work on Polaroid with Marie Combes. What landscapes call for one or the other technique, and why ? Are some landscapes imagined moving, and others frozen still? Are some landscapes by essence in colour and others in black and white?
You are right, the landscapes do the asking. I adopted the dark chamber to get away from the spontaneity of the 24x36 camera. To escape from the « decisive moment » culture I was trained into. This is quite paradoxical, as I was working in the undergrowth, on the unbounded tangle of a seemingly unruly vegetal world. Using a dark chamber requires some serenity, anticipating positioning and framing, complex manipulations. The dark chamber does not encourage movement. All around me I would hear sounds, I would be aware of the quivering of nature, the urgency of life. I could feel that all this vegetal and animal world and myself were going about our business, but in different time-lines. I am not a colourist, and when I picture, I picture in black and white. But it depends how a photograph is considered. Black and white offers a dissimilitude, maybe more fertile to the imagination, maybe more timeless. Whereas colour may add another language. In 2007, with Marie Combes, we were exploring the photographic medium, more than the actual image... We worked with a pin-hole camera on Polaroids. It was a weird experience, dealing with distance. Like when a landscape seen through the windscreen catches your attention, you stop and get out of the car, and the visual impression has gone... With a pin-hole camera it is not possible to organise layers of space in the image, or to know what colours will result from a random exposure time, the relative position of the sun, and the chemistry of the Polaroid. But most of all, we were perturbed by the long exposure, ten seconds to several minutes, we physically experienced this, knowing that during this time an image was coming to life, practically without any action on our part. It may be an intrinsic quality of photography to signify time, beyond what is shown.

Your work on the landscape gives food for some thought on time. In your pin-hole camera images and your videos you unfold the landscape. For Montromant, you filmed infinitesimal changes in light for over 3 hours. What experience of time does a landscape give you to see ?
Looking at a landscape is a complex process. The eye goes into the distance, lingers here and there, wanders away again, hovers over details. This movement between the eye and the brain, bridging gaps and discontinuities, creates the whole, the landscape. After the pin-hole camera experience, Marie and I wanted to see how time and duration relate. Technically, « Montromant » is a three hour photographic sequence, during which we took a photograph at irregular intervals. These digital images were edited using cross dissolve, projecting the landscape in a thirteen minute video where the duration of light variations are credible to the eye, although the actual time has been compressed. Cross dissolve shows images appearing-disappearing, deletion of an image so that the next one can take its place. It is indeed a way for the landscape to creep out of its folds by proximity with contemplation, to be and not to be there.

Your recent work is on soils. Landscapes and soils are very much linked. How did this shift come about? What material do you find there? What memories of the landscape are written into the soil ?
They say an image often contains the next one. I believe that beyond the pretext of the subject, the artist is there to show, to materialise something he is not aware of and that belongs to the medium, the shapes, the light. The series on soils in black and white gets rid of the distant, to try to find a landscape at a different scale. Here I again work with diptychs, maybe to remember they are only fragments, not to be misled by the false whole with its two perspectives. Sometimes there is a bad cut, a repetition of a part of a photo in the other, two identical details, but in a different moment, a few seconds before or after. Such accidents, such random occurrences, are very precious. There was also a certain frontal approach in the image. I tried to develop this by photographing the soils from above. But this did not work properly in black and white, and I had to work in colour by necessity, and for the first time I came to worry about colours. The soil is the living memory of places. It is the depositary of time, of our activities, of traces, it moves and changes shape, new sediments settle in. A machine will plough it around, lay down asphalt, things will disappear, we will forget, and the nit will all start over again. Soils are like a film that continually records prints, changes in light, the passage of time.

You also looked at the idea of ruins in the landscape. In particular in rural landscapes. What was the origin of this interest? Is it another aspect of your preoccupation with time?  
This is very difficult to answer. We had a project in this field, but i think it was too ambitious for us. We thought we could work on a subject that would go beyond the fashionable “ruinism”, aesthetising industrial ruins. We wanted to use a wonderful and moving text by Diderot on the feelings ruins evoked in him. This has been a failure, I think we did not leave enough to chance, we did not keep our minds open enough, we wanted to master the subject, to illustrate the text, in short too much prejudice and presumption.

To conclude, I would like to discuss how the landscape relates to the contemporary. Pour finir, j'aimerai qu'on aborde la question du contemporain dans le paysage. Agamben wrote : « Contemporary is he who is hit full in the face by the beam of darkness coming from his time ». What contemporary do you see in the landscapes you film or photograph ? 
The video scene is, I believe, more keen to explore and less embarrassed by market constraints than photography. Video creates a different language than cinema, in particular with respect to time. A different space also, where the frame loses power and bursts out of the screen. A video camera can be placed anywhere, and when it is placed on the body it becomes its extension. This is fascinating, it changes the outlook of the spectator, as well as his temporality. The spectator is no longer bound to the place assigned to him in Europe by perspective since the Renaissance. It seems to me that being a contemporary does not consist in filming or photographing our present, but in seeing the links between present and past, in being a transition, in becoming a bridge, but a bridge constanly and simultaneously made and unmade, not knowing where the other bank may be...


  Interview made on 26.03.2014
by Chloé Dragna.
 Translation by John Kingston Olliver

vendredi 15 mars 2013

Mouvement des intervalles / Projection au Cube

Mouvement des intervalles sélectionné pour la nouvelle édition d'Anthropologies Numériques. 
Programmé le mercredi 20 mars de 19h30 à 21h dans la thématique Univers collectifs.

ANTHROPOLOGIES NUMÉRIQUES
Mercredi 20 et jeudi 21 mars 2013 de 14h30 à 22h / Entrée libre

Le Cube Centre de création numérique Issy-les-Moulineaux, France
  
PROGRAMME  
Mercredi 20 mars 
14h-16h30 : Scénarisation du quotidien
17h-18h30 : Corps en composition
19h30-21h : Univers collectifs
Plus d'infos... 

Jeudi 21 mars
14h-16h : Travail, jeux et gestes
16h30-18h30 : exercices de mémoires
19h30-21h : Imaginaires hors cadre

Plus d'infos...


Mouvement des intervalles de Marie Combes et Patrick Renaud
Film, 18mn18, 2012 France.



samedi 9 mars 2013

Anthropologies Numériques

Programmation de Mouvement des intervalles dans le cadre de Anthropologies Numériques, la nouvelle édition 2013. 

Anthropologies Numériques, la nouvelle édition 2013.
Le Cube et Les écrans de la liberté proposent deux jours de découvertes et de rencontres autour de l’anthropologie, des arts numériques et du cinéma.
Des créateurs et des chercheurs de renommée internationale viendront présenter des
nouvelles formes d’expressions anthropologiques et artistiques autour de la projection de
films, de web-docu, d’installations et des discussions.
La réalité n’est-elle pas toujours l’objet de perceptions différentes, tour à tour sensibles, rationnelles, phantasmatiques, scientifiques, techniques, artistiques, littéraires, et qui néanmoins valent toutes chacune pour leur part ? Est-il possible d’envisager une combinaison de tous ces points de vue qui restituerait, en quelque sorte, un regard humain recomposé et partagé ?
C’est bien la question qui est posée par cet événement : anthropologues, artistes multimédias et cinéastes viennent partager les expériences les plus vives de leur regard, pour tenter d’y répondre.
Les œuvres sélectionnées reflètent la vitalité grandissante de cette production internationale où les réalisateurs nous introduisent dans des univers intimistes qui dévoilent les contradictions et l’étrange beauté du monde. Leur imagination nous invite à percevoir les correspondances, les analogies, les liens improbables qui jalonnent le cheminement de notre curiosité.


ANTHROPOLOGIES NUMÉRIQUES
Mercredi 20 et jeudi 21 mars 2013 de 14h30 à 22h / Entrée libre

Le Cube Centre de création numérique Issy-les-Moulineaux, France

AU CUBE
20 COURS SAINT-VINCENT 92130 ISSY-LES-MOULINEAUX / TRAM T2 arrêt « Les Moulineaux »
T.01 58 88 3000 / CONTACT@ART3000.COM / WWW.LECUBE.COM


Contact Les Ecrans de la Liberté : lesecransdelaliberte@gmail.com
Contact presse Le Cube et demande de visuels : remy.hoche@art3000.com / T. 01 58 88 3000
 

Programme complet de l’événement disponible sur demande et sur www.lecube.com

photogramme Mouvement des intervalles ©Combes&Renaud 2012
MOUVEMENT DES INTERVALLES / Combes&Renaud
Marie Combes et Patrick Renaud 
Vidéo couleur, sonore, durée 18'18mn, version française, sous titrée anglais, 
extrait texte Vita Nuova, Dante Alighieri, 
© Combes&Renaud 2012

dimanche 13 mai 2012

New video

Mouvement des intervalles
Quelques photogrammes de la vidéo Mouvement des intervalles autour du texte Vita Nuova de Dante Alighieri.

Réalisation Combes&Renaud
couleurs, sonore, durée 18:17mn, 2012

dimanche 22 janvier 2012

Dans quel état sont les ruines ? II











(…) Pourtant, même si la ruine est indissociable dune élaboration pratique et discursive, quelque chose dirréductible subsiste en elle. Car il reste à justifier, par exemple, quelle puisse être loccasion dune véritable expérience esthétique. On est ainsi reconduit à la question initiale : quest-ce quêtre en ruine, et comment prendre plaisir à ce qui est leffet dune destruction ? Comment beauté et présence peuvent-elles naître de la dégénérescence même ? Tout se passe comme si la ruine avait atteint une sorte de dépouillement éternel, comme si, à force davoir été accidentée par le temps, elle accédait à une forme de permanence, et que, du naufrage et de la déchéance, quelque chose émergeait comme une éclosion. La ruine nest plus, dans cette perspective, une trace du passé mais ce qui accède à une forme déternité dans et par la caducité même : non plus souvenir mais présence de quelque chose denfoui jusqualors sous le bâtiment impeccable. Ces statues amputées, mutilées, outragées seraient-elles si émouvantes si elles avaient conservé leur intégrité ? Pourquoi sommes-nous parfois plus touchés par le fragment que par lœuvre intacte ? Par leffet du temps, la ruine est « désœuvrement de lœuvre ».

"Le temps à l’œuvre" Martine Lucchesi

vendredi 13 janvier 2012

Dans quel état sont les ruines ? I


Ces polaroids ont été réalisés en 2005 et 2006. L’évocation des ruines s’est faite un peu malgré nous lors d’une autre thématique dédiée au paysage dans la peinture et la photographie. Nous les présentons sans chronologie, avec des extraits de textes. C’est une tentative de méditation entre les images et la poésie de l’écrit.
MC. PR.










" Les idées que les ruines réveillent en moi sont grandes. Tout s’anéantit, tout périt, tout passe. Il n’y a que le monde qui reste. Il n’y a que le temps qui dure. Qu’il est vieux ce monde ! Je marche entre deux éternités. De quelques part que je jette les yeux ; les objets qui m’entourent m’annoncent une fin, et me résignent à celle qui m’attend. Qu’est-ce que mon existence éphémère, en comparaison de celle de ce rocher qui s’affaisse, de ce vallon qui se creuse, de cette forêt qui chancelle, de ces masses suspendues au-dessus de ma tête et qui s’ébranlent. Je vois le marbre des tombeaux tomber en poussière, et je ne veux pas mourir, et j’envie un faible tissu de fibres et de chair à une loi générale qui s’exécute sur le bronze. Un torrent entraine les nations les unes sur les autres, au fond d’un abîme commun ; moi, moi seul, je prétend m’arrêter sur le bord et fendre le flot qui coule à mes côtés !
Si le lieu d’une ruine est périlleux, je frémis. Si je m’y promets le secret et la sécurité, je suis plus libre, plus seul, plus à moi, plus près de moi. C’est là que j’appelle mon ami. C’est là que je regrette mon amie. C’est là que nous jouirions de nous, sans trouble, sans témoins, sans importuns, sans jaloux. C’est là que je sonde mon cœur. C’est là que j’interroge le sien, que je m’alarme et me rassure. De ce lieu, jusqu’aux habitations des villes, jusqu’aux demeures du tumulte, au séjour de l’intérêt, des passions, des vices, des crimes, des préjugés, des erreurs, il y a loin.

(…)
O censeur qui réside au fond de mon cœur, tu m’as suivi jusqu’ici ; je cherchais à me distraire de ton reproche, et c’est ici que je l’entends plus fortement. Fuyons ces lieux. Est-ce le séjour de l’innocence ? est-ce celui du remord ? c’est l’un et l’autre ; selon l’âme qu’on y porte. Le méchant fuit la solitude ; l’homme juste la cherche. Il est si bien avec lui-même".

Diderot. « Ruines et paysages ». III Salon de 1767. Ed. Hermann.

dimanche 13 novembre 2011

" Interstices - solution de continuité " en ligne

L’histoire se construit autour de deux lieux. Une chambre d’hôtel et la scène d’un théâtre où par des transpositions visuelles sur les espaces, le temps mis en images produit des impressions, interstices filmiques qui accompagnent les réflexions d’un auteur et un récit.
L’auteur narrateur transcrit un discours et une succession d’évènements qui constituent l’écriture d’une pièce. Il pose les personnages, leurs relations, évoque des lieux. Il associe ces derniers à l’espace scénique, cherche l’articulation entre ce qui est avant le texte et après le texte. La vidéo montre les lieux, sans identification images-récit. 


Remerciements à Pierre Oudart 
auteur de " diégèse - l'atelier du texte " Hypertexte continu
texte de la vidéo " Extraits Diégèse 2006 "

Filmmaker Combes&Renaud / Text Pierre Oudart / 
Sound Strom Varx / Translation John Kingston Olliver / 2009 /

Synopsis

The story is built around two sites. A hotel room, and the stage of a theatre, where, through visual transpositions in the two places, time set in images produces impressions, interstices in films that accompany the thoughts of a playwright and a narrative.
The playwright and narrator relates the discourse and the succession of events that constitute the writing of a play. He sketches the characters, their interrelations, evokes the
surroundings. He associates the locations with the stage configuration, works on the articulation of what precedes the text and what follows. The video shows the locations, with no identification between images and narrative. The video editing and the narrator’s voice produce short-circuits, holes in the narrative, gaps between what is seen and what is heard, proposing a fictional sensorial perception of the emerging narrative.



thanks to Pierre Oudart , who wrote the texts, 
extracts text Diégèse 2006, diegese.fr

filmmaker Combes&Renaud

Marie Combes & Patrick Renaud
combesrenaud.com

combesrenaud.blogspot.com/​


thanks to Strom Varx who made the sound track


Video 25 pal DVD and betanum, format4/3, running time 14’10, black & white, sound stereo, VF sous titrée anglais, 2009 ©combesrenaud

mardi 28 juin 2011

Eric @ Body no / body

"body no / body"
exposition collective / group show
14_05 - 30_07_11
may 14 to july 30, 2011

Galerie Bertrand Grimont - Paris
47 rue de Montmorency, 75003 Paris


Body no /body Texte Extrait 
 
"..."Eric" de Combes&Renaud articule une autre dimension et nous présente Eric dans le noir, homme social mais surnuméraire, 90 photogrammes se succèdent lui construisant une silhouette, un visage de plus en plus proche et déconstruit au fil des images teintées d'épiderme. Le sentiment d'humanisme, même si teinté de désenchantement, qui se dégage de cette figure fait écho aux questions d'empathie posées plus haut, cette pièce traite de la question du corps et de sa présence en réactivant le visage comme construit, donc conditionnel, par le regard d'autrui. ..."
samy da silva

photogram courtesy artists Combes&Renaud, 
video "Eric" 2008, (90 photograms)(06.05min.)

artistes / artists:


(°) Anne-Sophie Emard,
(*) Jean-Luc Verna,

commissariat / curators:
avec la complicité de / with:
Chloé Dragna @ La Vidéothèque

Galerie Bertrand Grimont - Paris
47 rue de Montmorency, 75003 Paris
du mardi au samedi - 14h / 19h et sur Rendez-vous
Tues.Sat. 2-7pm & app.
+0331 42 71 30 87 /  +0336 85 45 01 30

PLAN D'ACCES / MAP