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mercredi 15 octobre 2025

Temps et espaces, les ellipses d'une improvisation en diptyque. Exposition Marie Combes & Patrick Renaud

Exposition "Temps et espaces, les ellipses d'une improvisation en diptyques" Photographies Marie Combes Patrick RenaudVue de l'expositionCollectif Atelier Images Périphériques Vue de l’exposition, Marie Combes & Patrick Renaud, septembre, octobre 2025
Le diptyque en photographie est chose assez rare. La photographie s’est installée dans les codes picturaux d’une surface unique, d’unité, de lieu, de temps et d’action, et cela, quels que soient les formats de tirage. Le diptyque vient déplacer ces représentations, il les disperse, agit comme intercalaire dans la narration suggérée, dans « l’équivalent d’un dispositif d’énonciation » (H. Damish)
Ce qui reste de l’image.
Sur la pellicule, il y a la surface dédiée à l’image proprement dite, avec un intervalle entre deux prises de vues, espace d’absence temporelle qui pourrait indiquer le temps écoulé entre les prises de vues. Il y a aussi sur les côtés, la marque du film, sa sensibilité, une numérotation d’identification d’image et un numéro de série. C’est un cadre qui protège l’image des distractions du monde environnant, pour reprendre les termes de N. Penny. Le cadre n’est pas une image, il est une limite, une marge où il n’y a rien à voir. L’image qui reste, va, ainsi, isolée et protégée, accueillir différentes interprétations à ses illusions de : fenêtre sur le monde, prélèvement du réel, mimèsis de la réalité… Ce cadre « juste technique » est traité comme un secret. Pas besoin de retouche, pas d’effacement, juste un recadrage, discret, comme allant de soi. L’image repousse les bords. Le cadre est sans intérêt pour le sujet représenté. Alors, on ne le voit plus. Il est invisible. Le désir d’illusion peut vivre en paix.
Je ne sais si les travaux présentés ici répondent à une question d’ailleurs non formulée, mais ont pour ambition plutôt de voir ce qui se passe, quel accueil pour une photographie qui en cherchant sa matière, révèle sa nudité.
PR. août 2025
 
 
 








Exposition du Collectif Atelier Images Périphériques en octobre / Temps et espaces, les ellipses d’une improvisation en diptyques. Ouverture samedi 11 octobre, et dimanche 12 octobre, durant les Portes Ouvertes des Ateliers d’Artiste de Montreuil, saison 2025.

vendredi 10 mars 2023

Nouvelle série de " Esquisser une voie, portraits d'itinérances "

"On n'aperçoit pas du tout les mêmes choses, en effet, selon qu'on élargit sa vision à l'horizon, qui s'étend, immense et immobile, au-delà de nous; ou selon qu'on sollicite son regard sur l'image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous dans la nuit. L'image est bien comme une luciole, une petite lueur, la lucciola des intermittences passagères." 

Non-savoir de la passante, 04.06.2009
Aperçues de Georges Didi-Huberman

 « Esquisser une voie, portraits d'itinérances » 

Une nouvelle série de ce travail est présentée, elle s’inscrit dans la continuité des protocoles « Diptyques » et « Itinérances métropolitaines ». La figure humaine est rare dans mes images, en 2017 j'aborde le portait. Poursuivre ainsi ces itinérances métropolitaines s’est décollé de la réalité du paysage, s’est décentré. J’observe ici un autre paysage. Articulée autour du reflet, cette nouvelle ligne photographique ébauche un schéma corporel. Je regarde dans le cadre des fenêtres les mouvements du monde, ce miroir est éphémère, je tente d’en saisir des traces. La lueur des visages dans l'obscurité me fascine. En revenant à l’histoire des surfaces qui font miroir, représentation et hommage, le reflet dévoile le corps qui est hors champ. Ces visages aux allures d’hologrammes subliment la présence du vivant. Dans l’entre-deux du diptyque, l’imaginaire donne à voir de l’espace et du temps, mais aussi le contexte dans lequel il s’inscrit : une traversée du tunnel entre l’intériorité et l’extériorité. Les images peuvent intégrer le dedans, le dehors, et former des rêves. Porosité des frontières j'explore les cadres de la perception, en redéfinir les contours avec le diptyque est un bouleversement dans l'imaginaire, il y a des images, des bruits, des histoires.

 Marie Combes, 10 mars 2023

diptyque 29 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2022

diptyque 28 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2022
diptyque 22 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2021


mercredi 23 février 2022

Esquisser une voie, portraits d'itinérances

 "On n'aperçoit pas du tout les mêmes choses, en effet, selon qu'on élargit sa vision à l'horizon, qui s'étend, immense et immobile, au-delà de nous; ou selon qu'on sollicite son regard sur l'image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous dans la nuit. L'image est bien comme une luciole, une petite lueur, la lucciola des intermittences passagères." Non-savoir de la passante, 04.06.2009
Aperçues de Georges Didi-Huberman

« Esquisser une voie, portraits d'itinérances »  

Ces photographies sont la mise en récit d’un voyage, un peu différent de cette notion qu’est le voyage. Ce travail s’inscrit dans la continuité des protocoles « Diptyques » et « Itinérances métropolitaines ». Poursuivre ainsi ces itinérances métropolitaines s’est décollé de la réalité du paysage, s’est décentré. J’observe ici un autre paysage. Je regarde dans le cadre des fenêtres les mouvements du monde, ce miroir est éphémère, je tente d’en saisir des traces. Les images peuvent intégrer le dedans, le dehors, et former des rêves.
La durée des voyages dans les réseaux souterrains permettait cette expérience. En me laissant aller à l’observation de la diversité du paysage humain, j’ai commencé à construire cette série de portraits. Les reflets de ces visages, lueurs et éclats d’histoire des corps, expriment les diversités de notre métropole. Avec la photographie j’éprouve autrement la densité de ces figures de passage. Au cœur des complexes urbains, portraits et espaces correspondent, se regardent et se mélangent.
En revenant à l’histoire des surfaces qui font miroir, représentation et hommage, le reflet dévoile le corps qui est hors champ. Ces visages aux allures d’hologramme, leur transparence avec la diffraction de la lumière, subliment la présence du vivant. Dans l’entre-deux du diptyque, l’imaginaire donne à voir de l’espace et du temps, mais aussi le contexte dans lequel il s’inscrit : une traversée du tunnel entre l’intériorité et l’extériorité. L’observation et l’enregistrement de ces lueurs minuscules résonnent étrangement avec l’impact cette crise sanitaire. Le glissement du réel a dépassé la réalité qui était la mienne. Je ne pouvais imaginer cela.
Marie Combes, 3 juin 2021

Diptyque 38-39 ©Marie Combes Série "Esquisser une voie, portraits d'itinérances"            

 
Diptyque 18-19 ©Marie Combes Série "Esquisser une voie, portraits d'itinérances"                   













 

Livre d'artiste: http://www.combesrenaud.com/mariecombes/esquisser-une-voie-portraits-ditinerances-livr/