mercredi 15 octobre 2025

Temps et espaces, les ellipses d'une improvisation en diptyque. Exposition Marie Combes & Patrick Renaud

Exposition "Temps et espaces, les ellipses d'une improvisation en diptyques" Photographies Marie Combes Patrick RenaudVue de l'expositionCollectif Atelier Images Périphériques Vue de l’exposition, Marie Combes & Patrick Renaud, septembre, octobre 2025
Le diptyque en photographie est chose assez rare. La photographie s’est installée dans les codes picturaux d’une surface unique, d’unité, de lieu, de temps et d’action, et cela, quels que soient les formats de tirage. Le diptyque vient déplacer ces représentations, il les disperse, agit comme intercalaire dans la narration suggérée, dans « l’équivalent d’un dispositif d’énonciation » (H. Damish)
Ce qui reste de l’image.
Sur la pellicule, il y a la surface dédiée à l’image proprement dite, avec un intervalle entre deux prises de vues, espace d’absence temporelle qui pourrait indiquer le temps écoulé entre les prises de vues. Il y a aussi sur les côtés, la marque du film, sa sensibilité, une numérotation d’identification d’image et un numéro de série. C’est un cadre qui protège l’image des distractions du monde environnant, pour reprendre les termes de N. Penny. Le cadre n’est pas une image, il est une limite, une marge où il n’y a rien à voir. L’image qui reste, va, ainsi, isolée et protégée, accueillir différentes interprétations à ses illusions de : fenêtre sur le monde, prélèvement du réel, mimèsis de la réalité… Ce cadre « juste technique » est traité comme un secret. Pas besoin de retouche, pas d’effacement, juste un recadrage, discret, comme allant de soi. L’image repousse les bords. Le cadre est sans intérêt pour le sujet représenté. Alors, on ne le voit plus. Il est invisible. Le désir d’illusion peut vivre en paix.
Je ne sais si les travaux présentés ici répondent à une question d’ailleurs non formulée, mais ont pour ambition plutôt de voir ce qui se passe, quel accueil pour une photographie qui en cherchant sa matière, révèle sa nudité.
PR. août 2025
 
 
 








Exposition du Collectif Atelier Images Périphériques en octobre / Temps et espaces, les ellipses d’une improvisation en diptyques. Ouverture samedi 11 octobre, et dimanche 12 octobre, durant les Portes Ouvertes des Ateliers d’Artiste de Montreuil, saison 2025.

lundi 20 novembre 2023

Chroniques subjectives

 

Chroniques subjectives présente les travaux photographiques sur le paysage de trois artistes. Marie Combes et Patrick Renaud avec « Fugitives / Detroit ». One step, and then another… et « Extension des territoires » invitent Christophe Ponceau, Paysagiste scénographe avec la série « Le bénéfice du doute ».

Le but de l’exposition Chroniques subjectives est sans doute moins de présenter trois artistes, trois regards différents, ce qui va de soi, que de tenter l’expérience « d’organisation » de ces photographies. Organiser, c’est-à-dire trouver une articulation, des liens autour de leur vécu. Comme tout témoignage, c’est au risque d’imaginer plutôt que relater: disposées ainsi, les images se frôlent, se déforment les unes au contact des autres, intérieurement à la série, extérieurement aux autres séries. L’image seule nous dit sa précarité, ses silences, aussi ses possibilités à devenir une autre image.
Alors ce sera quoi cette expérience de confronter la pratique du photographe à l’imaginaire du spectateur ? Expérience qui pourrait produire une image, celle qui n’est pas encore venue, celle qui reste à faire.

  • Alors, c’est toujours de l’imaginaire ? Dit elle.
  • Ça se pourrait bien, ma jolie.

Marie Combes interroge à nouveau son travail sur Detroit. Suite à la publication d’un livre d’artiste en 2016 « Fugitives / Detroit. One step, and then another… ». L’investigation pour cette exposition est brutale et opte pour la pénombre, allant jusqu’à modifier le format pour exprimer la ville friche, la ville paysage.

Patrick Renaud construit une image à partir de plusieurs autres. Des images qui montrent ce qui fut, de minces fragments de temps qui s’additionnent et jouent de l’opacité et de la transparence. Dans la rencontre avec les œuvres exposées y aura-t-il pour chaque spectateur, création d’une autre image ? Que faisant nous à les fixer, à tenter de les arrêter pour y voir de la réalité ?

Christophe Ponceau collecte des images lors de ses déplacements. Elles sont autant de notes éparses qui documentent son travail et interrogent sa perception des lieux. Dans le cadre d’une exposition collective, comment vont-elles agir ensemble puis sur les autres images ?

 

Chroniques subjectives, exposition collective, Patrick Renaud, Christophe Ponceau, Marie Combes, à Atelier-Images-Périphériques pendant les Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Montreuil POAA 2023
 

Chroniques subjectives, exposition collective, Patrick Renaud, Christophe Ponceau, Marie Combes, Atelier-Images-Périphériques pendant les Portes Ouvertes des Ateliers d’Artistes de Montreuil POAA 2023.

vendredi 10 mars 2023

Nouvelle série de " Esquisser une voie, portraits d'itinérances "

"On n'aperçoit pas du tout les mêmes choses, en effet, selon qu'on élargit sa vision à l'horizon, qui s'étend, immense et immobile, au-delà de nous; ou selon qu'on sollicite son regard sur l'image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous dans la nuit. L'image est bien comme une luciole, une petite lueur, la lucciola des intermittences passagères." 

Non-savoir de la passante, 04.06.2009
Aperçues de Georges Didi-Huberman

 « Esquisser une voie, portraits d'itinérances » 

Une nouvelle série de ce travail est présentée, elle s’inscrit dans la continuité des protocoles « Diptyques » et « Itinérances métropolitaines ». La figure humaine est rare dans mes images, en 2017 j'aborde le portait. Poursuivre ainsi ces itinérances métropolitaines s’est décollé de la réalité du paysage, s’est décentré. J’observe ici un autre paysage. Articulée autour du reflet, cette nouvelle ligne photographique ébauche un schéma corporel. Je regarde dans le cadre des fenêtres les mouvements du monde, ce miroir est éphémère, je tente d’en saisir des traces. La lueur des visages dans l'obscurité me fascine. En revenant à l’histoire des surfaces qui font miroir, représentation et hommage, le reflet dévoile le corps qui est hors champ. Ces visages aux allures d’hologrammes subliment la présence du vivant. Dans l’entre-deux du diptyque, l’imaginaire donne à voir de l’espace et du temps, mais aussi le contexte dans lequel il s’inscrit : une traversée du tunnel entre l’intériorité et l’extériorité. Les images peuvent intégrer le dedans, le dehors, et former des rêves. Porosité des frontières j'explore les cadres de la perception, en redéfinir les contours avec le diptyque est un bouleversement dans l'imaginaire, il y a des images, des bruits, des histoires.

 Marie Combes, 10 mars 2023

diptyque 29 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2022

diptyque 28 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2022
diptyque 22 "Esquisser une voie, portraits d'itinérances" 2021


mardi 29 mars 2022

Fugitives / DETROIT. One step and then another...

Mon hypothèse de travail était que toute mémoire un peu longue est plus structurée qu’il ne semble. Que des photos prises apparemment par hasard, des cartes postales choisies selon l’humeur du moment, à partir d’une certaine quantité commencent à dessiner un itinéraire, à cartographier le pays imaginaire qui s’étend au dedans de nous.”
[My working thesis was that every somewhat extensive memory is more structured than it seems -- that photos taken apparently at random, postcards chosen following momentary whims, begin given a certain accumulation to sketch an itinerary, to map the imaginary land that stretches out inside of us.]
in Immemory Chris Marker

Revenir aujourd'hui sur ce travail, ces photographies, c'est faire des liens. Avec ce texte de Chris Marker. Travelling arrière.., à Detroit je marchais sans connaissance du territoire. Je n'avais pas de carte, juste cette boussole interne qui entre en écho avec un coin de rue, un bâtiment, un arbre.  L'observation des traces reconstruit quelque chose, et donne un corps à la ville, ce qui est donné ici est un fragment de ce dispositif, une dérive photographique. 

Fugitives /Detroit One step, and then another..., c'est aussi un livre d'artiste édité en 2014. Disponible à la librairie Tschann de la BNF, LA GALERIE d'architecture, et chez Volume à Paris.


Fugitives / DETROIT. One step, and then another...©Marie Combes  
                      








mercredi 23 février 2022

Esquisser une voie, portraits d'itinérances

 "On n'aperçoit pas du tout les mêmes choses, en effet, selon qu'on élargit sa vision à l'horizon, qui s'étend, immense et immobile, au-delà de nous; ou selon qu'on sollicite son regard sur l'image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous dans la nuit. L'image est bien comme une luciole, une petite lueur, la lucciola des intermittences passagères." Non-savoir de la passante, 04.06.2009
Aperçues de Georges Didi-Huberman

« Esquisser une voie, portraits d'itinérances »  

Ces photographies sont la mise en récit d’un voyage, un peu différent de cette notion qu’est le voyage. Ce travail s’inscrit dans la continuité des protocoles « Diptyques » et « Itinérances métropolitaines ». Poursuivre ainsi ces itinérances métropolitaines s’est décollé de la réalité du paysage, s’est décentré. J’observe ici un autre paysage. Je regarde dans le cadre des fenêtres les mouvements du monde, ce miroir est éphémère, je tente d’en saisir des traces. Les images peuvent intégrer le dedans, le dehors, et former des rêves.
La durée des voyages dans les réseaux souterrains permettait cette expérience. En me laissant aller à l’observation de la diversité du paysage humain, j’ai commencé à construire cette série de portraits. Les reflets de ces visages, lueurs et éclats d’histoire des corps, expriment les diversités de notre métropole. Avec la photographie j’éprouve autrement la densité de ces figures de passage. Au cœur des complexes urbains, portraits et espaces correspondent, se regardent et se mélangent.
En revenant à l’histoire des surfaces qui font miroir, représentation et hommage, le reflet dévoile le corps qui est hors champ. Ces visages aux allures d’hologramme, leur transparence avec la diffraction de la lumière, subliment la présence du vivant. Dans l’entre-deux du diptyque, l’imaginaire donne à voir de l’espace et du temps, mais aussi le contexte dans lequel il s’inscrit : une traversée du tunnel entre l’intériorité et l’extériorité. L’observation et l’enregistrement de ces lueurs minuscules résonnent étrangement avec l’impact cette crise sanitaire. Le glissement du réel a dépassé la réalité qui était la mienne. Je ne pouvais imaginer cela.
Marie Combes, 3 juin 2021

Diptyque 38-39 ©Marie Combes Série "Esquisser une voie, portraits d'itinérances"            

 
Diptyque 18-19 ©Marie Combes Série "Esquisser une voie, portraits d'itinérances"                   













 

Livre d'artiste: http://www.combesrenaud.com/mariecombes/esquisser-une-voie-portraits-ditinerances-livr/ 


mardi 1 février 2022

Journal des brumes et les surfaces du monde

 Journal des brumes et les surfaces du monde

« L’image est ce devant quoi l’on s’arrête, elle est ou devrait être l’arrêt qui fixe le regard et entrouvre à partir de cette stase, fût-elle la plus modeste, le champ d’une expérience toujours à venir ».
La reprise et l’éveil. J-C. Bailly

Si il y a un point commun à ces deux séries, ce serait, me semble-t-il d’être sans réponses aux questions que pose l’histoire de la perspective linéaire. Je prends la précaution du me semble-t-il car bien souvent la présentation du travail ressemble à un témoignage, fait remonter des expériences. Alors qu’il s’agit parfois pour contrer une dispersion, des incohérences, d’une réorganisation de fragments réels ou imaginés. Mais supposons que la perspective ait été un point d’attraction qui ait satellisé les choix ou orientations de ces travaux. Cette géométrie est alors d’une grande efficacité pour notre aspiration à voir, mais au risque, c’est ce qu’elle fait, de dissimuler des éléments ou de les réduire dans le lointain à une presque invisibilité. Soit, faisons des sacrifices pour organiser les apparences du monde. Nous y gagnons de connaitre la place de l’auteur-spectateur et celle de l’Homme décidant le monde. 
Je pense cependant que dans ces histoires de perspective ce qui ne me convenait pas était d’être tenu à l’immobilité convenue de l’auteur ou du spectateur. La perspective n’aime pas le mouvement, elle n’est pas faite pour lui.

Depuis « Sédiments » en 2013, la matière première de mes séries est venue de mes anciens négatifs. Empilés, superposés jusqu’à obtenir une image autre. Puisque l’on ne demande qu’à y croire, alors voyons jusqu’où c’est possible, où plutôt voyons ce que devient la réalité photographique. J’ai donc appliqué ce protocole à d’autres séries. Et avec « Subjectile » et « Les surfaces du monde » en choisissant de conserver l’ensemble du négatif et les indications sur ses bords. Dévoiler la surface de l’image, s’obstiner à faire apparaître l’espace des apparences. Je ne sais si cela fonctionne, mais ça a ouvert, déplié « Le journal des brumes » qui semblait attendre, comme embusqué.
Il n’est pas question d’une chronologie narrative avec sa logique mais de fragments sensibles qui se frottent, se déforment, s’épuisent au contact. La photographie est aussi un corps à corps, peut-être même n’est elle que cela…

« Le journal des brumes » s’est imposé et en appliquant le même protocole de superpositions j’ai pensé aborder le mouvement, mais est-ce bien du mouvement qui est restitué ? N’est-ce pas plutôt une autre dynamique, d’autres tensions puisque c’est le mouvement qui crée ces formes ? Certes, au montage il y a des choix, je retranche, ou favorise telle photographie, mais cette tentative d’organiser le chaos est bien dérisoire par rapport à ce que demandent les images. Elles étaient là avant moi et exigent que je trouve leur place, leur cohabitation possible.
Il y a une certaine duplicité dans la photographie qui fait sa force, celle de nous renseigner pour ne rien dire, d’admettre qu’une image n’est pas une capture, pas un acquis. Elle cherche en silence son autonomie. Et même si il faut bien à un moment donné s’arrêter, une photographie n’est jamais finie et ce qu’elle montre n’a décidément rien à voir.

P. Renaud. oct 2021

 

Patrick RENAUD, Exposition-Journal des brumes et les Surfaces du monde ©Sylvie Farges nov2021


 

mardi 9 novembre 2021

Rencontres-exposition Patrick RENAUD

Actualités > novembre 2021

Publication du livre d'artiste SUBJECTILE Patrick RENAUD

Rencontres - exposition
samedi et dimanche 20 et 21 novembre de 15h à 19h  
samedi et dimanche: 27 et 28 novembre de 15h à 19h
jeudi 25 novembre et 2 décembre sur rendez-vous

 
PATRICK  RENAUD Photographies 
un livre d'artiste et deux séries photographiques 
Journal des brumes & Les surfaces du monde

« (…) l’image est ce devant quoi l’on s’arrête, elle est ou devrait être l’arrêt qui fixe le regard et entrouvre à partir de cette stase, fût-elle la plus modeste, le champ d’une expérience toujours à venir. »
La reprise et l’éveil. J-C. Bailly
 
atelier images périphériques / galerie 15 rue jules ferry, 93170 Bagnolet  
contacts : 06 14 10 15 18 / 06 19 27 37 85  / www.combesrenaud.com

 

SUBJECTILE Patrick RENAUD Extrait livre d'artiste

 

Le journal des brumes ©Patrick RENAUD   

Patrick RENAUD ©Journal des brumes

 

 

 

 

 

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


mercredi 26 février 2020

Esquisser une voie, portraits d'itinérances


J’ai le plaisir de présenter : « Esquisser une voie, portraits d’itinérances »
Livre d’artiste numéroté, signé, limité à 60 exemplaires. Bilingue, anglais, français.
Un recueil au format 13,4 x 17,8 cm, de 72 pages regroupant 55 photographies, 
présenté dans un coffret, format 17,3 x 23,2cm.

Pour la première édition de 30 exemplaires, une photographie extraite de la série accompagne le livret. Tirée en 30 exemplaires Format 22 x 16,5 cm elle est numérotée, signée. Tirage procédé Fine art, encres pigmentaires sur baryta Hahnemühle 315gr.

Cette photographie est en tirage d’exposition Format 64cm x 49 cm
Limité à Cinq exemplaires plus deux épreuves d’artiste.

« Esquisser une voie, portraits d’itinérances »  donnera lieu à une exposition courant 2020.
© Marie Combes

"Esquisser une voie_Portaits d'itinérances" ©Marie Combes, Livre d'artiste
 



































"On n’aperçoit pas du tout les mêmes choses, en effet, selon qu’on élargit sa vision à l’horizon, qui s’étend, immense et immobile, au-delà de nous; ou selon qu’on sollicite son regard sur l’image qui passe, minuscule et mouvante, toute proche de nous dans la nuit. L’image est bien comme une luciole, une petite lueur, la lucciola des intermittences passagères.»

04.06.2009  
Aperçues Georges Didi-Huberman

mardi 1 octobre 2019

Itinérance

" Une autre adaptation, c'est être là, chaque instant est une parcelle. Il n'y a pas de dernière itinérance." 
Itinérances métropolitaines ©Marie Combes 

dimanche 28 janvier 2018

Les tentations verticales

Publication d'un extrait de la série "LES TENTATIONS VERTICALES" Patrick Renaud  
Diptyque photographique 2017 

Contribution plastique  
"REVUE&CORRIGÉE"114
Surface écrite des pratiques sonores expérimentales
Carte Blanche Combes&Renaud 2017
 

Contribution numéro 114  
Couverture et Portfolio
Publication décembre 2017

Couverture "Topographie des sols"
Portefolio "Les tentations verticales"
©Patrick Renaud 


mardi 7 novembre 2017

Contribution "REVUE&CORRIGÉE"

Contribution "REVUE&CORRIGÉE"
Surface écrite des pratiques sonores expérimentales
Carte Blanche Combes&Renaud 2017
Contribution Couverture et Portfolio

Publication septembre 2017

Numéro 113
Couverture
Série "SÉRIE TEMPORELLE"
 

Photography Marie Combes
A series in time. Settle in the deepest folds of being, in the subtle sculpture of what may be, and leave to thought its immobile fiction.
www.combesrenaud.com

Photographies Marie Combes
Une série dans le temps.
Habiter le plus profond repli, le modelé des possibles et laisser à la pensée une fiction stationnaire

lien http://combesrenaud.blogspot.fr/

mardi 25 juillet 2017

TOPOGRAPHIE DES SOLS

"Topographie des sols" Patrick Renaud 

" En général, je regarde plutôt vers le bas quand je marche. Le sol est l’une des choses les plus révélatrices de la condition du présent ; il est plus éloquent dans ses dommages, ses détériorations, ses dénivellations ou accidents de tout type. Je parle aussi bien des sols urbains que des champêtres, des difficiles que des amicaux. Et concrètement, je parle des sols des chemins, ou des sols humains en général, parce que le sol abstrait, le sol du monde, parle d’autres langues très difficiles à cerner. Une partie de la promenade est une forme d’archéologie superficielle, qui pour moi en général s’avère extrêmement instructive et dans un certain sens émouvante, car il s’agit de considérer des indices modestes, insignifiants, voire hasardeux, tout le contraire de la pertinence définitive des observations scientifiques. Ce sont des indices qui par leur caractère anodin ou non indispensable rétablissent une façon d’occuper le temps : on est témoin de ce qui est anonyme, inclassable pour l’histoire, et en même temps témoignage de ce qui aura du mal à perdurer. " 

Sergio Chejfec, Mes deux mondes (Trad. Claude Murcia, Ed. Passage du nord-ouest)


PUBLICATION, Juillet 2017
"REVUE&CORRIGÉE" Carte Blanche Combes&Renaud 2017

Revue&Corrigée112 
Couverture et portfolio 
Série "Topographie des sols" et "Dépendances des conditions initiales"
Patrick Renaud 









































jeudi 4 mai 2017

Série temporelle ou fiction stationnaire


les images englouties II ©marie combes

Série temporelle d'une fiction stationnaire

Les images englouties II
Marie Combes
L’immeuble comme un aquarium est un voyage qui se pose sur le presque rien, je suis dans un voyage qui ne peut se poser, il s’épuise...


Submerged images II
Work by Marie Combes
A building, like an aquarium, is a voyage that alights on almost nothing, I am in a voyage that cannot alight, that runs to exhaustion…


REVUE&CORRIGÉE 2017 Carte blanche Combes&Renaud
Parution mars 2017  "REVUE&CORRIGÉE111" Couverture et portfolio Marie Combes

mercredi 14 décembre 2016

Prolongation de l'exposition "Les bords du paysage: itinérances et sédiments"

Les bords du paysage: itinérances et sédiments

exposition du 9.11.2016 au 18.12.2016

samedi 17 et dimanche 18 décembre de 14h à 19h

PHOTOGRAPHIES

Itinérances métropolitaines / MARIE COMBES

"Ce travail d’images est l’exploration d’un territoire nommé indistinctement « la banlieue », territoire flouté pour le rendre anonyme, hachuré par les infrastructures de production, mité par des interstices délaissés.
Ce travail photographique est ainsi un voyage, il ausculte ces paysages urbains au gré de déplacements en train. Le monde qui défile dans le cadre de cette fenêtre exerce sur moi une fascination. J’ai commencé ce travail en hiver ; émerge une étrange beauté dans cette approche, l’éloge en grisaille de la lumière en île de France.Le regard rivé, je tente alors dans ce déplacement de saisir des fragments de la ville et du territoire."
M.C.
 
Sédiments / PATRICK RENAUD
Photographies 2014
 
"Mon sentiment est que les choses se passent « entre », dans des écarts, entre des éléments pleins, matures, et d’autres éléments vides ou encore peu développés. Ces espaces souvent m’échappent, je ne les vois pas nécessairement mais ils permettent d’éprouver d’autres formes. La photographie s’est ainsi glissée entre la peinture et la lithographie, elle a cherché dans le Pictorialisme un geste, dans les clichés sur verre des liens entre gravure et procédé photographique. Parfois en imitant, elle a su développer ses spécificités et ses formes pour inventer sa place."
P.R
 


mercredi 7 décembre 2016

Exposition / Les bords du paysages: itinérances et sédiments

Les bords du paysage: itinérances et sédiments


exposition du 9.11.2016 au 11.12.2016
PHOTOGRAPHIES

Itinérances métropolitaines / MARIE COMBES

Ce travail d’images est l’exploration d’un territoire nommé indistinctement « la banlieue », territoire flouté pour le rendre anonyme, hachuré par les infrastructures de production, mité par des interstices délaissés.
Ce travail photographique est ainsi un voyage, il ausculte ces paysages urbains au gré de déplacements en train. Le monde qui défile dans le cadre de cette fenêtre exerce sur moi une fascination. J’ai commencé ce travail en hiver ; émerge une étrange beauté dans cette approche, l’éloge en grisaille de la lumière en île de France. Le spectacle que donne le paysage est aussi lié aux vibrations et aux bruits ressentis par le corps en mouvement. Le regard rivé, je tente alors dans ce déplacement de saisir des fragments de la ville et du territoire.
Une expérience immersive dans un paysage en mouvement 
Le paysage a trois dimensions, l’une est l’espace réel, l’autre l’espace perçu dans ce temps du voyage, la troisième est le déplacement même du train. Un horizon travaille ces photographies, sous une certaine lumière la chose qui trouble va-t-elle ressembler à quelque chose, faire éprouver cette expérience immersive ?
Parcours intime dans le réel, le déroulement du paysage observé pendant les déplacements, familier des franciliens, montre dans l’extension de l’urbanisme la mosaïque des constructions, la diversité et la singularité architecturale de l’habitat, la beauté troublante des bâtiments en friche, des espaces déserts, la fragilité de l’environnement.
Chacun garde en soi le souvenir d’un point de vue inoubliable, je pense ici à des paysages plus petits, plus fugitifs, alternative temporelle à la représentation de la banlieue, confrontation sensible à la lumière et au paysage, à l’urbanisme, à l’espace et au temps. Dans le désir de regarder le paysage, il y a la rencontre de soi et des autres. Cette physionomie du paysage urbain souligne ainsi la précarité et l’éphémère de l’homme. Dans la quête des multiples formes la vision vacille sans interruption, ces captures visuelles seraient l’image d’un monde nomade en perpétuelle mobilité. 

Marie Combes

Itinérances métropolitaines ©Marie Combes, tirage format 30x40cm

 
Sédiments / PATRICK RENAUD
Photographies 2014

 « Cet espace, qui n’apporte par lui-même ni rien de sensible ni aucune séduction, est le lieu nécessaire pour que s’y manifestent les forces des formes. Celles-ci nous le font éprouver mais d’abord elles lui appartiennent »
J.C. Lemagny. « Silence de la photographie ». Ed. L'Harmattan
Très rapidement, la photographie s’est imposée comme le médium le plus adapté à la représentation du réel et de l’objectivité. Certaines théories prétendent qu’elle a libéré la peinture. Assignée un temps à représenter, cette dernière pu aller vers l’abstraction ou d’autres inventions visuelles. Je suis sceptique sur cet enchaînement chronologique. Mon sentiment est que les choses se passent « entre », dans des écarts, entre des éléments pleins, matures, et d’autres éléments vides ou encore peu développés. Ces espaces souvent m’échappent, je ne les vois pas nécessairement mais ils permettent d’éprouver d’autres formes. La photographie s’est ainsi glissée entre la peinture et la lithographie, elle a cherché dans le Pictorialisme un geste, dans les clichés sur verre des liens entre gravure et procédé photographique. Parfois en imitant, elle a su développer ses spécificités et ses formes pour inventer sa place.
Avec « sédiments » j’ai repris des négatifs de petites installations réalisées en studio dans les années 90. Empilés les uns sur les autres avec plus ou moins de transparence, en négatif ou positif, à l’endroit ou à l’envers ils semblent proposer dans cet assemblage une image de paysage. Pourtant rien dans chaque négatif n’a de lien par ses formes et ses matières avec du paysage.
Dans ce feuilletage disparaît « l’instant décisif » si fondateur dans l’histoire de la photographie. Disparaît aussi la perspective classique bien qu’il y ait du « loin » et du « près ». Il ne reste juste qu’une image composée d’images. Avoir des réponses là où il n’y avait pas de questions.

P.R. décembre 2016 

Sédiments ©Patrick Renaud, tirage format 30x40cm